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Actualité

Fête patronale du Monastère du Saint Prophète Élie à Sint Hubert Mill (Pays-Bas)

Le dimanche 19 juillet, le Monastère orthodoxe du Saint Prophète Élie à Sint Hubert Mill a célébré sa fête patronale annuelle par une Divine Liturgie pontificale solennelle. La célébration était présidée par Son Éminence le Métropolite Athénagoras de Belgique et Exarque des Pays-Bas et du Luxembourg, relevant du Patriarcat œcuménique de Constantinople. Six prêtres concélébraient autour du Métropolite. Sœur Taïssia, du Monastère orthodoxe d’Asten, participait également à la célébration, aux côtés de nombreux fidèles venus des Pays-Bas et de Belgique. La liturgie fut magnifiquement rehaussée par les chants du chœur et par la participation fervente de l’assemblée.

Dans son homélie, le Métropolite Athénagoras s’est arrêté sur la mémoire des saints Pères du Concile œcuménique de Chalcédoine, qui ont légué à l’Église la confession authentique de la foi concernant la personne du Christ. Il a rappelé que Jésus-Christ est pleinement Dieu et pleinement homme, et que c’est précisément dans cette vérité que réside le mystère de notre salut. En assumant la nature humaine, le Christ l’a guérie et élevée, afin que le croyant, par le Baptême, l’Eucharistie et l’action de l’Esprit Saint, soit appelé à participer à la vie divine. La vocation chrétienne ne consiste donc pas seulement à mener une vie moralement droite, mais à entrer dans une communion toujours plus profonde avec le Christ vivant, ce que les saints Pères désignent sous le nom de théosis, c’est-à-dire la déification.

Le Métropolite a ensuite relié cette vérité de foi au témoignage du saint Prophète Élie, patron du monastère. De même qu’Élie appelait le peuple à abandonner les idoles pour mettre toute sa confiance dans le Dieu vivant, les chrétiens sont aujourd’hui encore invités à ne pas rechercher leur sécurité dans des appuis humains, toujours fragiles et passagers, mais dans le Christ seul. Dieu permet parfois que les certitudes terrestres s’effondrent, non pour abandonner l’homme, mais pour le conduire à une confiance plus profonde en sa grâce. Dans cette perspective, le Métropolite Athénagoras évoqua également sainte Macrine, dont la sainteté discrète et la vie de prière demeurent un modèle lumineux d’une existence entièrement orientée vers le Christ. Il conclut en invitant les fidèles à s’approcher de la sainte Eucharistie comme de la rencontre vivante avec le Seigneur ressuscité, qui renouvelle le cœur de l’homme et fait déjà commencer, ici-bas, la vie du Royaume de Dieu.

À l’issue de la Divine Liturgie, le Métropolite s’adressa de nouveau à l’assemblée avec des paroles de gratitude et de mémoire. Il rendit un hommage appuyé à la personnalité exceptionnelle du regretté archimandrite Pacôme, qui eut le courage et la foi de fonder, à Sint Hubert, un monastère orthodoxe à une époque où la présence de l’Orthodoxie aux Pays-Bas était encore presque inexistante. Il rappela le soutien que lui apportèrent les archevêques Georges de Syracuse, Georges d’Eudociade, Serge d’Eucarpie et Gabriel de Comane, hiérarques qui consacrèrent une grande part de leur ministère à l’implantation et au développement de l’Église orthodoxe dans les Pays-Bas et en Belgique.

Le Métropolite évoqua également la mémoire de la défunte mère Marie, qui séjourna pendant trois années à Sint Hubert avant de fonder le Monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Asten. Il rappela aussi le souvenir du dernier moine ayant résidé au monastère, l’archimandrite Boris Chapzal, dont le dévouement exemplaire servit aussi bien la vie monastique que la communauté locale.

Il souligna en outre que le Monastère du Saint Prophète Élie appartient depuis plusieurs années à l’Archevêché orthodoxe de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg du Patriarcat œcuménique. Il conclut en invitant tous les fidèles à prier afin que le Seigneur, par l’intercession de la Très Sainte Mère de Dieu et du saint Prophète Élie, suscite de nouvelles vocations monastiques appelées à faire revivre ce lieu de prière et de vie spirituelle.

À l’issue de la célébration, tous les participants furent conviés à une agape festive dans le jardin du monastère. Autour d’un buffet généreusement préparé, les fidèles purent prolonger cette journée dans une atmosphère de fraternité, d’échange et de convivialité. À une époque où la rencontre personnelle retrouve toute son importance, ce moment de communion fut particulièrement apprécié de tous.

Aujourd’hui, le monastère est redevenu un lieu vivant de prière et de célébration liturgique. Chaque dimanche ainsi qu’aux grandes fêtes de l’année ecclésiastique, la Divine Liturgie y est célébrée, pour la joie des nombreux fidèles et amis attachés à ce haut lieu spirituel. Les offices sont actuellement assurés par le père David Smith et le père Daniel Becker.

Un lieu de présence orthodoxe durable

Le Monastère du Saint Prophète Élie fut fondé en 1972 par celui qui deviendrait plus tard l’archimandrite Pacôme, né dans une famille catholique du Brabant néerlandais et animé dès sa jeunesse d’une profonde vocation monastique. Après sa découverte de l’Orthodoxie, il décida, avec la bénédiction de l’évêque Denys de Rotterdam, d’établir à Sint Hubert une petite skite. Durant les premières années, il y vécut dans une grande solitude, sans communauté orthodoxe à proximité et sans sécurité matérielle. En exerçant un travail séculier pour subvenir à ses besoins tout en demeurant fidèle à la prière et à la célébration liturgique, il posa les fondements de ce qui allait devenir progressivement une paroisse vivante et un monastère reconnu.

Au fil des décennies, plusieurs moines et vocations monastiques y trouvèrent leur foyer spirituel. La future higoumène Marie y séjourna notamment plusieurs années avant de fonder le Monastère de la Nativité de la Mère de Dieu à Asten. Après le décès de l’archimandrite Pacôme en 2007, la direction du monastère fut confiée au hiéromoine, puis archimandrite, Boris Chapzal. Celui-ci se consacra avec un grand dévouement non seulement à la vie spirituelle de la communauté, mais aussi à l’entretien du monastère et aux relations avec la population locale. Il s’endormit dans le Seigneur le 5 septembre 2021.

À la suite de la suppression, en 2018, de l’Exarchat des paroisses de tradition russe par le Saint-Synode du Patriarcat œcuménique, le monastère fut intégré à l’Archevêché orthodoxe de Belgique et Exarchat des Pays-Bas et du Luxembourg, auquel il appartient toujours aujourd’hui.

Plus d’un demi-siècle après sa fondation, le Monastère du Saint Prophète Élie demeure un lieu privilégié de prière, de célébration liturgique, d’hospitalité et de témoignage orthodoxe aux Pays-Bas. La célébration annuelle de sa fête patronale manifeste une nouvelle fois l’importance spirituelle de ce sanctuaire pour l’Orthodoxie dans les anciens Pays-Bas et confirme sa mission au service de l’Église et de tous les fidèles qui y trouvent un lieu de ressourcement et de rencontre avec le Christ.

Patronal Feast of the Monastery of the Holy Prophet Elijah, Sint Hubert, Mill, the Netherlands (19-07-2026)