Le Métropolite Athénagoras a participé à l’Université de rentrée 2026 de l’Institut Saint-Serge à Paris
Paris, le 11 septembre 2026 – Son Éminence le Métropolite Athénagoras de Belgique, Président de la Conférence épiscopale orthodoxe du Benelux et Recteur de l’Institut de théologie orthodoxe Apôtre-Paul de Bruxelles, a participé, le vendredi 11 septembre, à l’Université de rentrée 2026 de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge à Paris. Cette journée d’étude avait pour thème : « Pourquoi faire de la théologie aujourd’hui ? »
Organisée en partenariat avec le Centre orthodoxe d’études et de recherches Dumitru Stăniloae de Paris et l’Institut de théologie orthodoxe Apôtre-Paul de Bruxelles, la rencontre entendait réfléchir à la place et à la mission de la théologie au XXIᵉ siècle : dans l’Église, dans le monde universitaire et dans l’espace public. Une attention particulière fut accordée à la manière de conjuguer la liberté de la recherche, la fidélité à la Tradition de l’Église et la nécessité de répondre aux grands défis de notre époque.
La journée débuta par les paroles d’accueil des doyens et vice-doyens des trois instituts partenaires, suivies de la conférence inaugurale prononcée par Georgiana Huian.
La première session posa la question de la théologie en tant que discipline scientifique et de sa place au sein de l’Université. Une riche table ronde permit de croiser les regards de théologiens issus de différents contextes ecclésiaux : le père Marc-Antoine Costa de Beauregard du Centre Dumitru Stăniloae, Isabelle Morel de l’Institut Catholique de Paris et Frédéric Chavel de l’Institut Protestant de Théologie. La modération était assurée par le père Georges Vasilakis de l’Institut Saint-Serge.
Dans son allocution de salutation, le Métropolite Athénagoras de Belgique insista tout particulièrement sur la nécessité, aujourd’hui, d’une théologie vivante. La théologie, souligna-t-il, ne peut jamais être réduite à une simple discipline intellectuelle ou académique. Faire de la théologie, c’est aussi prier, car, selon l’antique sagesse de l’Église, celui qui prie véritablement est théologien. Le Métropolite releva à cet égard le caractère hautement symbolique des lieux de l’Institut Saint-Serge : les salles où est enseignée la théologie se trouvent sous l’église. Ces deux espaces constituent une unité indissociable. L’enseignement théologique et la vie liturgique de l’Église ne peuvent être séparés. Il en était ainsi également à la célèbre École théologique de Halki et dans d’autres grands centres de la tradition théologique orthodoxe. Faire de la théologie ne signifie donc pas seulement parler de Dieu ou acquérir des connaissances sur la foi, mais entrer toujours davantage dans une participation à la vie divine. C’est à partir de cette expérience ecclésiale et spirituelle que la théologie est appelée à répondre aux interrogations de l’homme contemporain et aux souffrances d’un monde en crise. Le Métropolite Athénagoras évoqua à ce propos les profondes difficultés auxquelles est confrontée la société sécularisée. L’éloignement de Dieu et de la dimension religieuse de l’existence laisse un vide profond chez l’homme contemporain. L’être humain ne peut en effet être réduit à ses seules dimensions économique, sociale ou psychologique : il porte en lui une ouverture fondamentale à Dieu et à la transcendance. La recherche théologique doit également contribuer à développer ce que la tradition orthodoxe appelle la diakrisis, le discernement. Ce discernement est indispensable aux évêques, aux prêtres et à tous ceux qui exercent une responsabilité pastorale afin de pouvoir répondre avec justesse aux questions souvent complexes de notre époque. Cette recherche doit toujours s’accomplir au sein de la Tradition vivante de l’Église et dans la continuité de l’enseignement et de l’expérience spirituelle des Pères de l’Église. Le Métropolite rappela également que la théologie ne saurait oublier sa responsabilité dans la recherche de l’unité visible des chrétiens. Les théologiens sont appelés à témoigner de leur foi tout en contribuant, avec patience et fidélité, à rechercher les chemins susceptibles de rapprocher les Églises chrétiennes. Enfin, il souligna l’importance de la sauvegarde de la Création de Dieu. La théologie contemporaine ne peut rester indifférente à la crise écologique. À cet égard, l’Église orthodoxe et tout particulièrement le Patriarcat œcuménique de Constantinople ont joué depuis plusieurs décennies un rôle pionnier, rappelant constamment que le respect de la Création constitue aussi une responsabilité spirituelle du chrétien.
L’après-midi fut consacré au service et à la mission de la théologie dans le contexte ecclésial. Plusieurs interventions permirent d’approfondir les rapports entre théologie et Tradition, mission, catéchèse ainsi que discernement éthique et moral. Parmi les intervenants figuraient le père Constantin Kenanidis de l’Institut Apôtre-Paul de Bruxelles, Michel Stavrou de l’Institut Saint-Serge, Emmanuel Gougaud de l’Institut Catholique de Paris, le père Florin Buca du Centre Dumitru Stăniloae et Katherine Shirk Lucas de l’Institut Catholique de Paris.
La dernière partie de la journée donna la parole aux étudiants eux-mêmes. Thomas Novalles, du Centre Dumitru Stăniloae, Stéphane Beffa, de l’Institut Catholique de Paris, et Dragana Mandic, de l’Institut Saint-Serge, apportèrent leurs témoignages personnels sur la signification et les enjeux des études théologiques aujourd’hui. Cette table ronde était modérée par Stefan Munteanu.
La journée s’acheva dans la prière, avec la célébration des Vêpres dans l’église de l’Institut Saint-Serge, manifestant ainsi concrètement ce qui avait été souligné tout au long de la rencontre : la théologie orthodoxe trouve sa source et son accomplissement dans la vie de prière et la vie liturgique de l’Église.
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L’Institut Saint-Serge, un siècle de présence théologique orthodoxe à Paris
L’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge est l’un des hauts lieux historiques de la théologie orthodoxe en Europe occidentale. Fondé à Paris en 1925, dans le contexte de l’émigration russe qui suivit la révolution de 1917, il devint rapidement un centre majeur de formation et de réflexion théologique orthodoxe.
Son histoire est liée à plusieurs grandes figures de la théologie orthodoxe du XXᵉ siècle, parmi lesquelles le père Serge Boulgakov, Georges Florovsky, Nicolas Afanassieff, Alexandre Schmemann, Jean Meyendorff et, plus tard, le père Boris Bobrinskoy. Par leur enseignement et leurs travaux, ces théologiens ont profondément marqué le renouveau de la pensée orthodoxe contemporaine.
Saint-Serge a notamment joué un rôle déterminant dans la redécouverte des sources patristiques et liturgiques de la théologie et dans le développement du dialogue œcuménique au XXᵉ siècle. Depuis Paris, son rayonnement s’est étendu bien au-delà de la France et a contribué de manière importante à faire connaître la tradition théologique orthodoxe en Europe occidentale.
La collaboration entre l’Institut Saint-Serge, le Centre Dumitru Stăniloae de Paris et l’Institut Apôtre-Paul de Bruxelles entend aujourd’hui poursuivre cet héritage, tout en répondant aux nouvelles réalités pastorales, intellectuelles et spirituelles de notre temps. Elle manifeste également une volonté commune de renforcer la formation théologique orthodoxe, la recherche et le témoignage de l’Orthodoxie en Europe occidentale.
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